Il y a quelques années, alors que je me trouvais au centre commercial, j’ai vécu un événement plutôt déroutant. En effet, peu après être entrée dans une boutique, je vis, par terre, vis-à-vis le comptoir caisse, de l’argent. Rapide coup d’œil autour. Personne. Je suis seule avec les deux jeunes employées. Je me penche et ramasse les billets. Il y en avait trois. Trois beaux billets de cent dollars. Que faire? Suis-je la victime de Surprise! Surprise! ou est-ce un clin d’œil de ma bonne étoile? Et à qui appartiennent-ils? Quelqu’un qui a les moyens de les perdre ou, au contraire, qui a peiné pendant des semaines pour les amasser? J’ai chaud. L’argent me brûle les doigts. Je traîne dans les allées. Je dois trouver une idée. Vite. Puis là, l’éclair rafraîchissant: Qu’est-ce que Chantal Lacroix (altruiste par excellence) ferait si elle était à ma place? Une évidence : bien sûr, elle ne le garderait pas pour elle! Ouf! Je respire à nouveau. Bien, mais à qui le remettre? Les chaleurs me reprennent. Je serai incapable de sortir d’ici avec ce magot. Et si ça sonnait à la sortie? Cette seule éventualité me fait trembler. (C’est bête, je sais, mais j’aurais bien voulu vous y voir!) Je n’ai pas le choix. Cramoisie, je me dirige vers la caisse où une jeune caissière s’affaire: «Est-ce que quelqu’un vous a signalé avoir perdu quelque chose?», dis-je d’une voix faussement assurée. Son regard est perplexe. Un seul de ses sourcils se soulève : «Noooooon», me répond-elle. Et elle ajoute «Pourquoi?» Les gouttes de sueur perlent presque sur mes tempes. Je lui déballe d’un trait: «Pourquoi? Et bien, parce que, parce que… J’ai trouvé de l’argent. Je vais vous le remettre, mais je voudrais que vous le rendiez à la personne qui l’a perdu si elle vient le réclamer.» Elle me bredouille un «Oui, oui. Je vais voir avec la gérante». Non, mais m’entendez-vous? Sœur Elaine qui pose ses conditions! Je n’en peux plus. Je lui remets l’argent et je me sauve. Un peu plus loin dans le couloir se trouve le comptoir du service à la clientèle. J’arrête et me renseigne sur ce genre de situation auprès de la préposée. La politique du centre commercial est de remettre l’argent à la Fondation de l’Hôpital Sainte-Justine s’il n’est pas réclamé. Je regrette: j’aurais pu disposer de l’argent autrement et faire un don à l’hôpital. Trop tard. Je me console en me disant que si la cagnotte ne finit pas dans les poches de la gérante, deux jeunes étudiantes vont se payer la traite. Lasse, je quitte le centre commercial avec au moins une certitude: j’ai bien fait de ne pas le garder. Je n’aurais eu aucun plaisir à flamber cet argent. Merci Chantal!
Et vous, qu’auriez-vous fait de ces trois-cents dollars?
Il faudrait tout simplement bannir l’argent papier… Une carte de plastique (guichet) ne nous met pas en face de problèmes de ce genre, puisqu’elle est identifiée!
Commentaire par vicki — 4 août 2009 @ 10:21
Je n’aurais pas remis l’argent aux jeunes vendeuses. Je leur aurais tout simplement dit:”J’ai trouvé un montant d’argent par terre, je vous laisse un numéro où me joindre. Si une personne se présente pour dire qu’elle a perdu de l’argent, elle m’appellera me dira le montant perdu et si c’est le bon, je lui rends.” Si je ne reçois aucun appel, j’en fais profiter un organisme de ma paroisse, car j’ai la chance de ne pas avoir besoin de prendre de l’argent qui ne m’appartient pas.
Commentaire par Louise — 5 août 2009 @ 15:01
je rejoins le point numéro 1 du deuxième commentaire, une carte de crédit par terre n’aura pas eu le même effet pourtant c’est potentiellement de l’argent aussi.
Commentaire par Marion — 6 août 2009 @ 16:35
En effet, c’est une bonne idée. J’en prends bonne note pour la prochaine fois (s’il y en a une!).
Elaine
Commentaire par Elaine Labrecque — 7 août 2009 @ 8:21
Il m’est arrivée un tel dilemme dernièrement: J’ai trouvé, dans une toilette d’un resto, un portefeuille contenant 370 $, avec nom et adresse. Je n’ai pas été capable de le garder. J’ai pensé que cette personne en avait peut-être plus besoin que moi. Lorsque je le lui ai remis, en mains propres, en le prenant elle a dit: « Il y avait de l’argent dedans ». J’ai répondu: « Tout est là Madame ». J’ai à peine eu droit à un merci….
Commentaire par Georgette — 12 août 2009 @ 14:33
La même chose m’est arrivée à l’épicerie et j’ai fait pareil à ce que Louise aurait fait. J’ai laissé mon numéro de téléphone à une caissière au cas où une personne viendrait vérifier si ça avait été retrouvé. Il y avait prêt de 100 $. Il n’a pas été réclamé. J’ai bien dû le garder pendant 6 mois. Je l’ai pris pour gâter mes enfants (faut dire qu’on ne roulait pas sur l’or à l’époque).
Commentaire par Ethiema — 27 août 2009 @ 18:27