Le docteur Fortin a fait du cancer cérébral son cheval de bataille. Il s'agit d'un cancer incurable, qui demeure l'un des plus réfractaires aux traitements connus. Au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), une équipe dirigée par le docteur Fortin a mis sur pied le traitement d'OBHE (ouverture de la barrière hémato-encéphalique), une approche novatrice et unique au Canada.
En résumé, le cerveau est pourvu d'un système de défense naturel et exclusif, explique le docteur Fortin, c'est-à-dire un système qu'on ne retrouve pas dans les autres organes du corps humain. Ce système, appelé la barrière hémato-encéphalique, protège le cerveau des substances potentiellement nocives qui circulent dans le sang. Il agit donc comme un filtre, empêchant la plupart des substances dans le sang de pénétrer le cerveau. Mais ce «mur», par le fait même, est si efficace qu'il ne permet qu'à un faible pourcentage de la chimio d'atteindre sa cible lors des traitements.
Or, il y a 10 ans, le docteur Fortin et son équipe ont découvert la possibilité de franchir cette barrière par voie artérielle, l'espace de quelques instants, pour permettre à la dose de chimio d'atteindre sa cible et d'attaquer la tumeur directement. À ce jour, la survie des 370 patients qui ont bénéficié de ce traitement (pour plus de 1730 procédures) a été prolongée de manière significative par rapport aux traitements standard. On parle désormais de tripler la durée de survie du patient, suite à un diagnostic. De plus, l'équipe dispose du rayon gamma, un appareil hautement sophistiqué permettant de livrer des doses de radiothérapie de manière ultra précise sur la tumeur.
La meilleure arme de Nathalie: le temps
«Je n'ai pas encore bénéficié de ce traitement, explique Nathalie Buisson. C'est une carte que nous gardons en dernier recours, lorsque plus rien ne sera efficace. Jusqu'à présent, mes deux traitements de chimio et mon traitement de radiothérapie au rayon gamma ont eu les effets escomptés: ils ont réduit la tumeur. La démarche consiste en fait à acheter du temps. Pendant que je me bats pour ma survie, l'équipe du docteur Fortin cherche des solutions. L'idée, c'est de vivre assez longtemps pour bénéficier des résultats de leurs recherches. Mes enfants ont cinq et sept ans. Je veux les voir grandir!»

À lire dans le magazine Vita
Dans sa dernière édition d'avril, le magazine Vita publie un fabuleux portrait de Nathalie Buisson: une femme déterminée et inspirante...
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On peut faire un don ciblé au Laboratoire de recherche du Dr Fortin via la Fondation du CHUS au 1 866 820-6450 (ligne sans frais).