Présente pour sa mère et sa meilleure amie
Présente pour son amie...
«On aurait dit que sa présence l'apaisait. Le simple fait d'entendre un bébé pleurer semait du bonheur sur l'étage...» Le jour où Lyne a senti venir la fin, elle a vite téléphoné au mari de son amie mourante et à son fils aîné, qu'elle a réussi à joindre au cégep où il étudiait. Diane a ainsi pu partir entourée des siens, le 28 janvier 2000.
... et pour sa mère
Un mois plus tard, Lyne apprenait que sa mère avait un cancer terminal du poumon. «Comme elle ne voulait pas mourir à l'hôpital, je lui ai trouvé une résidence offrant des soins palliatifs près de chez nous», raconte-t-elle. Entre les rendez-vous médicaux, les soins à donner à sa mère et à ses petits, Lyne se démenait, apprivoisant le système de santé pour savoir à qui réclamer quoi et comment. «Ça exige une telle énergie!» s'exclame-t-elle en se remémorant cet épisode éprouvant.
Du courage, mais aussi beaucoup d'aide
Heureusement, elle a alors pu compter sur l'aide de ses tantes, cousins et cousines, en plus du soutien de son conjoint. «Les gens ont posé des gestes et m'ont prodigué des attentions qui m'ont fait me sentir moins seule...» Sa mère appréciait tout ce dévouement et le lui disait souvent, d'ailleurs. Après des années de relations tumultueuses, mère et fille se retrouvaient enfin. Devenue veuve à 43 ans d'un mari mort sans testament, sa mère a dû trimer dur pour élever ses deux jeunes enfants, dont Lyne, la cadette, qui n'avait que 5 ans. «Nos rapports étaient tendus, se souvient-elle. Un enfant orphelin en veut toujours un peu au parent survivant, qui lui sert de punching-ball... J'étais loin de me douter que je serais à mon tour veuve à 43 ans, exactement comme maman, avec deux enfants, comme elle, et que le plus jeune aurait lui aussi 5 ans!» Et voilà qu'au mois d'août 2000, juste au moment où elles commençaient à se découvrir, la mère de Lyne est décédée, laissant sa fille triste et accablée.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que le deuxième congé de maternité de Lyne a été fertile en émotions! Après avoir donné naissance à son cadet, elle a successivement perdu son amie et sa mère à quelques mois d'intervalle. En septembre, Lyne est retournée au travailla mort dans l'âme: «Je n'étais plus que l'ombre de moi-même.» Bientôt, un autre drame s'annonce: sa belle-mère, le pilier de la famille, se meurt d'un cancer des os. «Comme j'avais déjà appris à naviguer dans notre système de santé, j'ai pu prêter main forte à mon conjoint et à ma belle soeur», poursuit Lyne.