Et puis... l'impensable
Onze mois après le décès de sa mère, celle de Jean-Pierre - la dernière grand-maman de ses enfants - est morte à son tour: «À travers cet autre départ, je revivais la mort de ma mère...» Ces multiples bouleversements ont plongé Lyne dans une grosse remise en question. Minée, sans aucune énergie, elle ne trouvait plus de sens à son travail,à sa vie. «J'ai fait une dépression, dit-elle. Il fallait que j'arrête, que je me soigne, que j'admette que mon boulot ne me convenait plus, que je fasse mon deuil de ça aussi.» Lyne a alors entrepris une psychothérapie et, avec une médication appropriée, elle s'est relevée plus forte,consciente de ses limites et sachant mieux ce qu'elle voulait, ce qu'elle valait. De nouveau sur ses rails, en pleine possession de ses moyens et pressée de travailler - le projet auquel Jean-Pierre se consacrait n'ayant pas reçu la subvention espérée -, Lyne a décroché un contrat en communication.
Cauchemar d'amour
En juillet 2004, au retour des vacances, l'univers de Lyne basculait pour de bon. Jean-Pierre, son amoureux, était à son tour atteint d'un cancer. Terrible et brutal, le diagnostic était sans appel: la tumeur - de la grosseur d'une orange, logée en plein centre du cerveau -était inopérable. Depuis quelque temps, Lyne ne reconnaissait plus son conjoint. Lui toujours si actif semblait déprimé, fatigué. Il ne dessinait plus, ne parlait plus, souffrait de pertes d'équilibre... Tout cela présageait un cauchemar qui durera cinq mois. Quelques jours après l'annonce fatale, une hémorragie cérébrale a plongé Jean-Pierre dans un coma dont il est sorti, au bout de deux semaines, aphasique et paraplégique.
Par la suite, il a pu dire quelques mots, mais il n'a jamais remarché. Pour célébrer les 50 ans de Jean-Pierre, e 5 octobre, Lyne s'est lancée dans l'organisation d'une exposition de ses maquettes,dessins et croquis: «Je voulais que ses collègues et amis puissent lu dire adieu ailleurs qu'à l'hôpital. Une copine nous a gentiment prêté sa galerie, alors qu'un autre ami m'a aidée à monter et à installer ses oeuvres. Le jour de sa fête, plus de 200 personnes sont venues le saluer!» Entre son homme, ses enfants et son travail, Lyne se débattait sans relâche, avec l'énergie du désespoir. Après le boulot, elle courait à la maison avant de filer à l'hôpital. Heureusement, elle n'était pas seule.