Survivre après le pire
Le lendemain du jour de l'An, Lyne s'est couchée effondrée, consciente de ne plus pouvoir tenir ce rythme infernal. Et à deux heures du matin, le téléphone a sonné... «Je me suis rendue à l'hôpital et j'ai passé la nuit avec Jean-Pierre à écouter des chansons de Leonard Cohen, à l'embrasser, à pleurer, à lui dire que je l'aimais. Mon amour, l'homme de ma vie, le père de mes enfants est mort le 3 janvier 2005. Et moi aussi, un peu.»
Un jour à la fois
«J'ai d'abord survécu, comme les AA, un jour à la fois. Puis j'ai compris que, pour mes petits, il me fallait faire plus que ça.» Lyne y a travaillé avec de l'aide, avec l'appui d'une pédopsychiatre et...avec le temps. Elle a beaucoup lu pour mieux comprendre sa situation. À cet égard, la théorie de la résilience du célèbre neuropsychiatre français Boris Cyrulnik lui a été d'un grand secours. «Peu à peu, j'ai appris à vivre seule avec les enfants. Auparavant, à la maison, c'était Jean-Pierre qui préparait les repas, qui allait conduire les petits le matin et les chercher l'après-midi. Il adonc fallu que je me mette à cuisiner, que j'apprenne à conduire. J'ai obtenu mon permis à 43 ans!
En fait, on arrive à se reconstruire grâce à tous ces défis. Mais pour ça, il faut être bien entourée.»«Dans de pareilles épreuves, ajoute t-elle, on a besoin d'un réseau. Moi, j'ai eu la chance d'en avoir un tout ce temps là. Les amis, les voisines, les parents et les éducateurs de la garderie de Félix et de l'école de Laurent m'ont tous aidée. Une belle solidarité s'est créée autour de nous, entre autres parce que j'ai su quoi demander, à qui et à quel moment.