Nouvelle carrière. Nouvel amour.
Mais c'est l'année de ses 27 ans qu'elle a été véritablement happée par l'univers de la mode où, dit-elle en rigolant, «il n'y a pas que des personnes équilibrées». Son passage dans le monde de la psychiatrie lui aura donc été utile dans son nouveau travail. Remarquée grâce à son sens inné du look, elle a été embauchée comme assistante, puis comme styliste. D'abord au magazine Clin d'oeil. Ensuite à l'émission Les grandes vacances (alors présentée à TQS), ce qui lui a donné l'occasion d'habiller l'animatrice Dominique Michel et de visiter les Club Med partout sur la planète.
Puis, son chemin l'a menée à Elle Québec, chez Jacob, Bedo, Reitmans, à La Maison Simons et j'en passe. Selon Claudine, le métier de styliste n'est pas que glamour: oubliez les talons hauts et les faux ongles. «On marche, on cherche, on ramasse des sacs et des sacs de vêtements qu'on doit évidemment transporte et rapporter. Il faut beaucoup d'organisation et de résistance physique. Le côté trendy, il apparaît parfois lors des séances photo, et encore! Que de stress et d'imprévus Non, ce n'est pas facile», reconnaît-elle. Mais le plaisir de construire une image comme on peaufine un tableau est enivrant. Courir dans toute la ville de créateur en création et obtenir un look qui se démarque, voilà un défi qui devient dépendance. Malgré tout, peu à peu, le cercle montréalais de la mode lui a semblé bien petit.
L'amour plus fort que tout
C'est à la même époque que Claudine a connu le photographe Pierre Choinière. Cette rencontre allait complètement bouleverser sa vie. La Mongolie désertique, c'est lui. Ils ont d'abord travaillé ensemble, puis sont tombés amoureux. Une relation qui n'a cessé de grandir et qui ne pouvait rester secrète.
En couple depuis 15 ans, elle était déjà la maman d'une fille de 7 ans, Alice, tandis que Pierre avait quatre enfants d'un mariage qui durait depuis 23 ans. Rien de simple. Il leur a fallu une année avant de franchir le pas. Claudine avait alors 44 ans. «Briser nos familles respectives a été très difficile, et nos vies ont été chambardées pendant au moins deux ans, mais je ne pouvais pas passer à côté de cet homme», confie-t-elle. Non, ses proches n'ont pas compris tout de suite sa décision. Et oui, la séparation a été difficile pour les enfants, qui perdaient leurs repères et connaissaient des frustrations terribles. Et assurément, la culpabilité et la solitude des parents ont été lourdes à porter.