Les femmes et les dettes (suite)
Contracter des dettes de qualité
«Dans la vie, l'idée est de s'enrichir et d'améliorer la qualité de sa dette, pas nécessairement de la réduire», me rappelait récemment Éric Brassard, comptable agréé et planificateur financier. L'hypothèque, par exemple, est considérée comme une dette saine.
«Personne ne m'avait jamais dit ça», se désole mon amie Carole, soulignant que sa répulsion pour les dettes lui a fait rater de sacrées belles occasions d'affaires. Notamment des triplex sur la rue Saint-Hubert, à Montréal, vendus autour de 70 000 $ dans les années 80. Une aubaine qui lui a filé entre les doigts, car elle estimait alors - à tort - ne pas avoir assez d'argent comptant. Ma copine a finalement acheté un duplex dont elle a frénétiquement remboursé l'hypothèque, négligeant du coup d'investir ailleurs.
Cela dit, à 54 ans, Carole a la chance - car c'en est tout de même une - d'avoir zéro dette et les moyens de contracter une nouvelle hypothèque pour rénover son duplex, l'agrandir et, pourquoi pas, louer l'étage supérieur, ce qui lui assurerait un revenu supplémentaire pour sa retraite. Une bonne dette, quoi... dont, pour la première fois de sa vie, elle accepte enfin l'idée.
*Martine Turenne est aussi directrice des sections tendances et stratégies au journal les affaires.
La version longue de cet article a été publiée dans le numéro d'avril du magazine Vita.