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Boulot - Un retour réussi!

Revenir au travail…. Ces trois petits mots font peur à bien des femmes qui ont mis leur carrière en veilleuse. Comment repartir du bon pied?

Modifié le :
2009-11-12 10:33
Publié le :
2009-11-05 16:36
Par:
Emmanuelle Gril
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Patricia Doiron s'est accordée 7 ans de réflexion

Avec les maigres trois mois de congé de maternité que je me suis accordés après la naissance de chacune de mes deux filles, on ne peut pas dire que j'ai quitté le marché du travail bien longtemps... statut de pigiste oblige.

Et pourtant, en quelques semaines à peine, j'ai eu le temps de perdre mes réflexes de journaliste et de voir de nombreux contrats me passer sous le nez. Alors que penser des femmes qui laissent leur boulot pendant une, deux ou même plusieurs années?


Sept ans de réflexion

Sept, c'est le nombre d'années que Patricia Doiron, 50 ans, (photo ci-contre) a passé à la maison pour s'occuper de ses deux enfants. «Je travaillais alors en relations publiques pour une multinationale, raconte-t-elle. PatriciaDoiron.jpgAprès la naissance de mon deuxième bébé, à31 ans, j'ai trouvé le retour au travail très difficile. Deux petits (l'aîné de 4 ans, l'autre de 9 mois) à préparer le matin, deux bains à donner le soir... J'étais toujours en retard, stressée, à bout de nerfs.»

Sans compter que, les places en garderie n'étant pas encore subventionnées à l'époque, il lui fallait débourser de 25 $à 30 $ par jour, par enfant. Si on ajoute à cela le coût des lunchs et du transport, Patricia Doiron ne profitait pas beaucoup de son salaire. Rester à la maison ou retourner travailler? Le choix n'a pas été difficile à faire:elle a aussitôt donné sa démission.

«Pendant sept ans, mes enfants ont eu la chance de manger des repas maison et de toujours avoir une accompagnatrice pour les sorties scolaires», se souvient elle. C'est également pendant cette période qu'elle a obtenu un baccalauréat puis une maîtrise en littérature anglaise à l'Université Concordia. Elle en a aussi profité pour décrocher des piges en journalisme et en publicité, avant de recevoir une offre d'emploi comme rédactrice dans une agence de pub. Aujourd'hui, elle travaille comme conceptrice-rédactrice chez Blitz, une filiale du Groupe Cossette.«Je garde de très bons souvenirs de ces années passées à la maison. Il faut vivre à plein ces moments privilégiés avec nos enfants. Cela dit, je crois qu'on ne devrait pas se limiter à ça. Mieux vaut rester en contact avec notre milieu de travail ou alors faire un peu de bénévolat, s'impliquer socialement.»

 

 

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Joanne Papineau s'est offert une heureuse parenthèse

Heureuse parenthèse
Joanne Papineau, qui a aujourd'hui 47 ans, (photo ci-contre) a mis sa carrière entre parenthèses pendant quatre ans pour s'occuper de ses trois petits garçons. Directrice des relations publiques au Fairmont Le Château Montebello en 1997, alors que ses fils étaient respectivement âgés de 7 ans, 5 ans et 6 mois, elle devait souvent se déplacer pour son boulot et se sentait un peu essoufflée...

«Au début de mon congé, je pensais que je m'ennuierais à la maison mais, finalement, ça n'a jamais été le cas, assuret-elle. J'ai suivi des cours de peinture, de cuisine, de journalisme. Puis, au bout de quatre ans, je me suis dit qu'il était temps de retourner au travail, car si j'attendais encore, j'avais l'impression que ça deviendrait trop compliqué de me trouver un emploi.

J'ai donc commencé mes recherches et, rapidement, j'ai reçu plusieurs offres», relate Joanne, JoannePapineau.jpgaujourd'hui directrice régionale des relations publiques pour l'est du Canada au Fairmont LeReine Elizabeth. La gestionnaire précise toutefois qu'elle avait bien planifié son retour, notamment par une remise à niveau en informatique (cours d'initiation aux logiciels Excel, PowerPoint, etc.). Si Joanne a réussi à se remettre en selle facilement, ce n'est, hélas, pas le cas de tout le monde, constate Caroline Haney, conseillère en ressources humaines agréée et fondatrice de Recrutement juridique Haney. L'avocate souligne que plus on s'absente longtemps du marché de l'emploi, plus il faut préparer son retour. «Quand on se retrouve en dehors du marché, non seulement on n'acquiert pas d'expérience ni de nouvelles compétences, mais on perd son réseau de contacts», prévient-elle.

Et parce que tout évolue très vite, quelques cours d'appoint ne suffiront peut-être pas pour se remettre à jour. La meilleure tactique à adopter, selon Mme Haney? Se montrer patiente et se renseigner auprès de son association professionnelle- ou de personnes travaillant dans le même domaine - afin de savoir quelles nouvelles connaissances et habiletés sont dorénavant requises si on veut offrir quelque chose d'intéressant aux employeurs potentiels. «Il faut donc se donner le temps, ajoute-t-elle, et parfois même accepter un poste en deçà de celui qu'on avait quitté.»

 

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Lyse Mérineau conseille. Élisabeth Fortin fait le saut.

Faire le saut
Auteure du livre Libérer sa passion (Isabelle Quentin éditeur), Lyse Mérineau,conseillère en ressources humaines agréée, est coach professionnelle chez Integra, une firme spécialisée en coaching de gestion et de carrière.

À ce titre, elle travaille entre autres avec des femmes qui ont fait le choix de rester à la maison pour élever leurs enfants, ainsi qu'avec des gens en transition sur le plan professionnel. Dans le cadre de sa pratique, Mme Mérineau a pu constater que le succès d'une démarche de retour au travail passe d'abord par la découverte de ce qui nous anime et nous stimule. «Ensuite, on fait le point sur ce qu'on a d'unique en matière de talents et de compétences, et on essaie de voir à quoi ça peut correspondre sur le marché du travail. Mais attention:il arrive que cette réflexion nous pousse à créer notre propre emploi!»

Élisabeth Fortin, 43 ans, (photo ci-contre) en est le parfait exemple. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle a vécu tout un changement sur le plan professionnel! ElisabethFortin.jpgEn 1995, cette consultante en informatique a fondé, avec quatre associés, ce qui allait devenir le site de recrutement Jobboom.com. Sept ans plus tard, en 2002, elle a l'impression d'avoir fait le tour du jardin et envisage sérieusement un «retour à la terre», comme tant d'autres l'ont fait au cours des années 70. «J'ai exploré diverses avenues, dont la pomiculture. Puis, en furetant sur Internet, j'ai découvert l'élevage des alpagas, qui m'a aussitôt fascinée», raconte-t-elle. Ce n'est pourtant qu'en 2007 qu'elle décide de faire le saut en quittant son boulot.

Pourquoi avoir choisi les alpagas? On n'a qu'à jeter un coup d'oeil sur son site web pour comprendre comment ces animaux originaires du Pérou ont pu l'attirer autant. «Pour le moment, précise Élisabeth, je ne peux pas encore vivre de l'élevage, mais j'utilise la toison des alpagas pour créer des objets que je vends par l'intermédiaire de ma boutique en ligne.»

À moyen terme, elle espère acheter une ferme et monter progressivement son propre troupeau (ses bêtes logent actuellement chez des éleveurs ontariens). Forte de son expérience d'administratrice chevronnée, elle a bâti un solide plan d'affaires. Côté mise en marché, elle s'y connaît! La preuve? Ses alpagas ont déjà remporté de nombreux prix, de même que plusieurs pièces artisanales de sa fabrication. Lentement mais sûrement, son entreprise continue de se développer... et Élisabeth dit ne rien regretter de son ancienne vie de professionnelle pressée et stressée!

 

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B. St-Germain prend le virage. M. Lemonde nous éclaire.

Aucun regret non plus pour Brigitte St-Germain, 46 ans, (photo ci-contre) qui a oeuvré comme gestionnaire pendant 20 ans dans une compagnie liée au secteur publicitaire.

En 2007, elle démissionne et s'accorde une année pour réfléchir à son avenir professionnel. Résultat de l'exercice? Elle décide de réaliser un rêve qu'elle caresse depuis toujours:démarrer sa propre entreprise. «Virage Coaching est né il y a quelques mois, mentionne sa fondatrice.

C'est une firme spécialisée dans le coaching de vie et de carrière. J'y fais ce que j'aime et je ne regrette absolument pas mon choix», nous assure Brigitte St-Germain, qui insiste toutefois sur l'importance de prendre le temps de faire un sérieux bilan personnel avant de se lancer dans un autre domaine ou d'occuper un poste très différent. BrigitteStGermain.jpgElle-même a consulté des spécialistes en transition de carrière qui l'ont aidée dans son cheminement.«Quand ça fait 20 ans qu'on n'a pas retouché son curriculum vitæ,dit-elle, on manque de confiance en soi et on a besoin d'un coup de pouce!»


Apprendre à rebondir
Martine Lemonde, conseillère d'orientation et directrice des services professionnels chez Brisson Legris Révélateurs de potentiels, souligne pour sa part que le retour au travail devrait être planifié entre six mois et un an à l'avance. «Au bout de deux ans d'absence, dit-elle, on a souvent perdu confiance en nos compétences, et ça devient très difficile. Le but est alors de reconstruire notre identité professionnelle.

Dans cette optique, on garde un oeil ouvert sur notre secteur d'activité et on consulte les offres d'emploi pour savoir ce que les recruteurs recherchent et aussi pour réactualiser nos connaissances.»

Mme Lemonde suggère également de réintroduire des activités professionnelles dans notre quotidien - par exemple en suivant une formation d'appoint - et d'instaurer une routine pour se réhabituer à un cadre plus rigide. «Mettre à jour nos outils de recherche d'emploi et notre CV, faire du bénévolat ou occuper un emploi à temps partiel, même dans un autre domaine que le nôtre, tout ça aide à reprendre le chemin du travail.»

Photo de Brigitte St-Germain:
Caroline Gaudreault/IMM PHOTO

 

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Lorraine Carpentier fait ce qu'elle aime!

La voie qu'a suivie Lorraine Carpentier, 54 ans, (photo ci-contre) résulte d'un cumul d'expériences variées... auxquelles a succédé une démarche mûrement réfléchie.

«Après avoir étudié en photo dans ma jeunesse, dit elle,j'ai eu quelques contrats comme photographe. J'ai aussi géré mon propre commerce, un café sur le Plateau-Mont-Royal qui a fermé en 1990.

Ensuite, pendant deux ans, j'ai un peu vécu de l'air du temps. Puis, je me suis retrouvée face à moi-même et, à 37 ans, j'ai finalement décidé de retourner étudier à temps plein. LorraineCarpentier.jpgJe me suis alors inscrite en audiovisuel, au cégep du Vieux Montréal», raconte Lorraine Carpentier. Durant ses études histoire de boucler son budget, Lorraine a accepté quelques mandats de remplacement à la bibliothèque. Et, une fois son diplôme en poche,elle s'est retrouvée chargée du soutien technique au DEC en dessin animé du cégep qu'elle a fréquenté. Un retour sur les bancs d'école qui s'est avéré fructueux: aujourd'hui,Lorraine fait ce qu'elle aime... et ce qu'elle a choisi.

 

Trois clics utiles

  • Pour se renseigner sur le marché du travail et les programmes de formation: IMT en ligne, Emploi-Québec, imt.emploiquebec.net

 

Photo de Lorraine Carpentier (L. Carpentier)

La version originale de cet article a été publiée dans le numéro de septembre de Vita.


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