Patricia Doiron s'est accordée 7 ans de réflexion
Et pourtant, en quelques semaines à peine, j'ai eu le temps de perdre mes réflexes de journaliste et de voir de nombreux contrats me passer sous le nez. Alors que penser des femmes qui laissent leur boulot pendant une, deux ou même plusieurs années?
Sept ans de réflexion
Sept, c'est le nombre d'années que Patricia Doiron, 50 ans, (photo ci-contre) a passé à la maison pour s'occuper de ses deux enfants. «Je travaillais alors en relations publiques pour une multinationale, raconte-t-elle.
Après la naissance de mon deuxième bébé, à31 ans, j'ai trouvé le retour au travail très difficile. Deux petits (l'aîné de 4 ans, l'autre de 9 mois) à préparer le matin, deux bains à donner le soir... J'étais toujours en retard, stressée, à bout de nerfs.»
Sans compter que, les places en garderie n'étant pas encore subventionnées à l'époque, il lui fallait débourser de 25 $à 30 $ par jour, par enfant. Si on ajoute à cela le coût des lunchs et du transport, Patricia Doiron ne profitait pas beaucoup de son salaire. Rester à la maison ou retourner travailler? Le choix n'a pas été difficile à faire:elle a aussitôt donné sa démission.
«Pendant sept ans, mes enfants ont eu la chance de manger des repas maison et de toujours avoir une accompagnatrice pour les sorties scolaires», se souvient elle. C'est également pendant cette période qu'elle a obtenu un baccalauréat puis une maîtrise en littérature anglaise à l'Université Concordia. Elle en a aussi profité pour décrocher des piges en journalisme et en publicité, avant de recevoir une offre d'emploi comme rédactrice dans une agence de pub. Aujourd'hui, elle travaille comme conceptrice-rédactrice chez Blitz, une filiale du Groupe Cossette.«Je garde de très bons souvenirs de ces années passées à la maison. Il faut vivre à plein ces moments privilégiés avec nos enfants. Cela dit, je crois qu'on ne devrait pas se limiter à ça. Mieux vaut rester en contact avec notre milieu de travail ou alors faire un peu de bénévolat, s'impliquer socialement.»
aujourd'hui directrice régionale des relations publiques pour l'est du Canada au Fairmont LeReine Elizabeth. La gestionnaire précise toutefois qu'elle avait bien planifié son retour, notamment par une remise à niveau en informatique (cours d'initiation aux logiciels Excel, PowerPoint, etc.). Si Joanne a réussi à se remettre en selle facilement, ce n'est, hélas, pas le cas de tout le monde, constate Caroline Haney, conseillère en ressources humaines agréée et fondatrice de Recrutement juridique Haney. L'avocate souligne que plus on s'absente longtemps du marché de l'emploi, plus il faut préparer son retour. «Quand on se retrouve en dehors du marché, non seulement on n'acquiert pas d'expérience ni de nouvelles compétences, mais on perd son réseau de contacts», prévient-elle.
En 1995, cette consultante en informatique a fondé, avec quatre associés, ce qui allait devenir le site de recrutement Jobboom.com. Sept ans plus tard, en 2002, elle a l'impression d'avoir fait le tour du jardin et envisage sérieusement un «retour à la terre», comme tant d'autres l'ont fait au cours des années 70. «J'ai exploré diverses avenues, dont la pomiculture. Puis, en furetant sur Internet, j'ai découvert l'élevage des alpagas, qui m'a aussitôt fascinée», raconte-t-elle. Ce n'est pourtant qu'en 2007 qu'elle décide de faire le saut en quittant son boulot.
Elle-même a consulté des spécialistes en transition de carrière qui l'ont aidée dans son cheminement.«Quand ça fait 20 ans qu'on n'a pas retouché son curriculum vitæ,dit-elle, on manque de confiance en soi et on a besoin d'un coup de pouce!»
Je me suis alors inscrite en audiovisuel, au cégep du Vieux Montréal», raconte Lorraine Carpentier. Durant ses études histoire de boucler son budget, Lorraine a accepté quelques mandats de remplacement à la bibliothèque. Et, une fois son diplôme en poche,elle s'est retrouvée chargée du soutien technique au DEC en dessin animé du cégep qu'elle a fréquenté. Un retour sur les bancs d'école qui s'est avéré fructueux: aujourd'hui,Lorraine fait ce qu'elle aime... et ce qu'elle a choisi.