Femme et mairie: un naturel pourtant!
Pourquoi?
La proximité entre la mairie et la maison, tout d'abord, qui facilite sans aucun doute la conciliation travail, famille et politique. Mais c'est surtout dans le type de dossiers gérés par les mairies que les femmes devraient le plus se retrouver. «C'est le palier, nous apprend madame Lapointe, qui se trouve le plus près du quotidien des gens. Quand les femmes prennent soin de leur famille, elles veillent à une multitude de détails qui sont des domaines que l'on retrouve en politique municipale.»
Alors pourquoi sont-elles si peu nombreuses à se lancer sur la scène municipale(1)? Manque de ressources, manque de temps, disent les experts, mais pas seulement, souligne Manon Tremblay, professeure titulaire à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa et auteure de plusieurs ouvrages dans le domaine(2). «Pour être élu, il faut se présenter. Or, une étude récente(3) montre qu'à niveau de scolarité équivalent, les femmes restent encore plus ignorantes de la politique que les hommes. Il y a moins de femmes que d'hommes qui pensent être capables de faire le saut en politique.» Esther Lapointe et le CDFG travaillent fort pour renverser la vapeur en organisant chaque année des écoles de formation et d'accompagnement(4) pour les femmes qui souhaiteraient se lancer en politique, car «à n'en pas douter, insiste-t-elle l'intérêt est là».
Let's go les filles!
En 2004, la seule formation offerte de l'année rassemblait 24 participantes. En 2008-2009, elles étaient 137 lors des six sessions proposées, 62 % d'entre elles avaient entre 40 et 59 ans. Les femmes auraient-elles décidé de prendre d'assaut le monde municipal? «Souhaitons-le, insiste madame Tremblay, car l'enjeu est crucial. La gouverne politique, c'est l'espace où se prennent les décisions du vivre ensemble. Lorsqu'il est question de vivre ensemble, on comprend mal pourquoi un sexe est aussi mal représenté. Il faut qu'il y ait la parité.» Let's go les filles, vous êtes capables!
(1) Le Québec ne compte que 13,9 % de mairesses (160 femmes pour 989 hommes) et 26,7 % de conseillères municipales (1984 pour 5198). Statistiques sur les femmes élues dans les municipalités en date du 12 février 2009 – Le Conseil du statut de la femme.
(2) Manon Tremblay a fait paraître de nombreux ouvrages, dont plusieurs portent sur la représentation parlementaire et sur la participation des femmes à la politique. Dernier en date: 100 questions sur les femmes et la politique, aux éditions du Remue-ménage (2008).
(3) It Takes a Candidate – Why Woman Don’t Run for Office de J. Lawless et R. L. Fox, aux éditions Cambridge (2005).
(4) Prochaines écoles de l’École Femmes et Démocratie: du 8 au 12 octobre pour les femmes issues des communautés autochtones et intéressées à développer leurs connaissances et leurs habiletés en vue d'accéder aux postes décisionnels au sein de leur communauté; et du 11 au 15 novembre 2009 pour les femmes intéressées à se présenter, à court ou moyen terme, lors d'une élection fédérale, provinciale ou municipale.
Photos:
Maire Labeaume: Ville de Québec
Louise Harel: Bureau de Louise Harel
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