Bénévolat - Être là pour sa petite soeur
À l'issue de l'entrevue où ses antécédents ont été vérifiés, l'Association a proposé deux jumelages à Diane. «J'ai choisi Marguerite, qui avait alors huit ans, car elle avait les mêmes goûts que moi. Elle aime s'habiller, aller au cinéma, jouer dehors et surtout faire la cuisine. On se ressemble beaucoup.»
Dès les premières rencontres, elle découvre une enfant au tempérament bien trempé, mais joyeux. «C'est une petite fille très ensoleillée! Et nous nous sommes trouvé un autre point commun: un sentiment d'abandon.» Elles l'ont toutes deux vécu dans leur petite enfance. «Marguerite était âgée de quelques mois quand sa mère est partie vivre en Suisse avec un nouveau conjoint, la laissant à son père. Mais elle reste très présente auprès de sa fille: elles se voient souvent. Quant à moi, à l'âge de six ans, j'ai vécu un séjour à l'hôpital comme un abandon. Même si, dans les faits, nous n'avons pas été abandonnées, cela nous a marquées.»
Diane aide sa Petite Soeur à exprimer ses émotions enfouies. «C'est une enfant qui a beaucoup d'imagination et de joie de vivre, mais elle a du mal à pleurer. Je lui dis que c'est aussi correct de montrer sa tristesse.» À cette enfant élevée par son père, elle apporte une présence féminine. «Mais je dois déjouer ses pièges. Elle essaie de se faire payer des choses (son père m'en avait avertie!) et je dois lui faire comprendre que je ne suis pas là pour ça.»
Dans cette relation parfois mouvementée, Diane découvre énormément sur elle-même. «Marguerite a beaucoup de leadership et comme elle arrive au seuil de l'adolescence, avec un petit côté protestataire, c'est parfois confrontant. Je dois trouver le mode d'emploi! Heureusement, les intervenants de l'Association sont toujours là pour me conseiller.»
Très entourée et très active, Marguerite a un agenda très chargé. «Elle est excellente en patinage artistique et elle s'est lancée à fond dans ce sport, dit Diane. Elle a sa gang et on a un peu plus de mal à trouver le temps de se voir. Mais mon intervenante me dit de ne pas lâcher: «Elle a encore besoin de toi. Si tu voyais ses yeux qui brillent quand elle parle de vos rencontres, de la fois où vous êtes allées aux feux d'artifice, et de celle où vous avez cuisiné ensemble des manicottis si savoureux!»
La Grande Soeur espère de tout cœur que le jumelage avec Marguerite va se poursuivre jusqu'aux 18 ans de la jeune fille. «Le jardin est en train de fleurir, et j'ai envie de voir cela jusqu'au bout!»