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Mère à 40 ans: un bon plan?

Avez-vous l’impression que les stars ont des bébés de plus en plus tard? Comme si devenir maman à 40 ans ne posait plus aucun problème... Mais est-ce vraiment le cas?

Modifié le :
2011-05-17 09:36
Publié le :
2009-02-07 12:35
Par:
Karine Vilder
Mèreà40ans

Maternité tardive

Photo: La styliste Josée Angrignon, 41 ans, avec son mignon poupon.

C'est dans l'air

Si vous avez récemment mis les pieds dans une pouponnière ou une salle d'attente d'obstétricien, vous avez d'ailleurs sûrement été frappée par l'âge des futures mamans. «À ma première visite prénatale, j'angoissais parce que j'étais sûre que j'allais être la doyenne, mais ce n'était pas du tout le cas!» relate Ginette Côté, une secrétaire juridique de 41 ans sur le point d'accoucher. «Je n'irais pas jusqu'à prétendre que j'étais la plus jeune patiente, mais j'étais loin d'avoir l'air d'être la plus vieille! Ça m'a rassurée parce que, dans mon entourage, plus personne ne change de couches depuis un bail. Et en apprenant que j'allais avoir un bébé "à l'aube" - je la cite - de ma ménopause, même ma sœur m'a traitée de folle.»

Dans ce cas, Ginette n'est vraiment pas la seule à être bonne pour l'asile! «En examinant les statistiques, on s'aperçoit que les femmes accouchent plus tardivement, rapporte Francine Descarries, professeure de sociologie à l'Université du Québec à Montréal. Actuellement, il y a 33 % de naissances de plus qu'en 1985 chez les femmes de 35 à 49 ans, ce qui représentait 18 % des bébés nés en 2007. Ce taux est en croissance lente, mais stable. Le phénomène nouveau par rapport à il y a 40 ans, c'est qu'il s'agit de premières grossesses ou d'enfants issus d'une famille recomposée avec un autre conjoint. Qui plus est, ce sont des grossesses voulues, pas des histoires de petit dernier qui arrive sur le tard par accident.»

En fait, toutes sortes de bonnes raisons peuvent nous inciter à repousser l'instant où notre poitrine passera de bonnets B à D comme par magie. «Au début de ma carrière, j'ai dû travailler fort pour faire mes preuves, explique la styliste Josée Angrignon, tandis qu'à 41 ans, je suis mieux établie dans le milieu et rendue à une étape où je peux me permettre de lâcher un peu le morceau. Je vais donc pouvoir passer moins d'heures au travail et plus de temps à la maison avec mon enfant - qui vient d'avoir trois mois! - pour le voir grandir.»

 

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Mèreà40ans

Moins fertile à la quarantaine

 Comme la ménopause se manifeste relativement tard (soit autour de 51 ans) et que l'espérance de vie des femmes tend à s'accroître d'année en année, une maternité tardive est un petit luxe qu'on peut en effet s'offrir si on tient la forme et qu'on ne rechigne pas trop à l'idée de vivre nuit après nuit un remake de la princesse au petit pois. «En réalité, concevoir un enfant à 32 ou à 40 ans ne fait pas une grosse différence, si ce n'est que le bébé a alors de meilleures chances d'arriver dans un foyer plus solide et mieux nanti, note Francine Descarries. Car, en général, on ne tombe pas enceinte à 40 ans pour sauver son couple...»

Dur dur d'avoir un bébé

Évidemment, il y a un hic. Sinon, ce serait trop beau... Lorsqu'on frôle la quarantaine ou qu'on a déjà un orteil dedans, plus on attend, plus la poussette de nos rêves est susceptible de se transformer en citrouille. Ce n'est pas parce qu'on a enfin réussi à combiner homme idéal, moment idéal et maison idéale qu'on est forcément dans la période idéale pour procréer. D'après les spécialistes du corps médical, ce serait même plutôt le contraire. «Avec l'âge, le taux de grossesse diminue chaque mois alors que le taux de fausses couches augmente», souligne la Dre Louise Lapensée, obstétricienne-gynécologue, spécialiste en fertilité à la Clinique OVO et à l'Hôpital Saint-Luc du CHUM. «À partir de 40 ans, une femme sur deux devra donc se tourner vers une clinique de fertilité pour devenir enceinte, précise-t-elle. On naît toutes avec environ 500 000 ovules et, à la ménopause, il ne nous en reste plus un seul. Malheureusement, c'est environ un an après le début de nos menstruations qu'on produit nos meilleurs ovules, alors qu'on garde les moins bons pour la fin. Si on est fécondée sur le tard, le fœtus court donc plus de risques de présenter des anomalies, ce qui explique pourquoi le taux de fausses couches croît avec l'âge. Bien sûr, ça ne veut pas dire que tous les ovules qui restent sont moins bons, et certaines femmes vont quand même tomber enceintes facilement. Mais si vous essayez d'avoir un enfant depuis six mois sans résultat, n'attendez pas avant de consulter. Après 35 ans, vous n'êtes plus dans une situation où vous pouvez vous permettre d'attendre.»

Des chiffres qui parlent

  • En 2007, au Québec, 2051 bébés sont nés de mères âgées de 40 ans et plus, comparativement à 1692 en 2004 et à 1483 en 2001.
  • Entre 25 et 30 ans, les femmes ont chaque mois 30 % de chances de devenir enceintes. De 35 à 40 ans, le taux chute à 15 % et, passé 45 ans, on ne parle plus de chance mais de miracle...
  • Sans traitement de fertilité, 64 % des femmes de 40 à 44 ans ne deviendront jamais mamans.

 

 

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Madonna150

Getty images

Maman à 40 ans : le pour et le contre

Photo: À 41 ans, Madonna donnait naissance à son son fils Rocco

Ce qu'on ne crie pas sur les toits, c'est que les stars quadragénaires qui étalent leur bedon sur la couverture des magazines à potins ont généralement eu recours à un don d'ovules. «L'utérus est capable de porter un enfant très très longtemps, ajoute la Dre Lapensée. Ainsi, dans d'autres pays (notamment aux États-Unis), des femmes ont eu des bébés - issus de dons d'ovules - dans la soixantaine. Mais au Canada, on limite l'âge pour une telle procédure à 52 ans.

On sort les hochets!

Ne nous attardons pas sur les risques accrus de diabète gestationnel, d'hypertension artérielle, d'insuffisance veineuse, de placenta prævia, d'accouchement prématuré ou par césarienne, qui sont le lot des grossesses tardives. Quand elles ont attendu aussi longtemps avant de pouvoir serrer un poupon tout chaud dans leurs bras, bien des femmes s'attendent à ce que leur grossesse ne soit pas facile.

«La mienne a été très éprouvante, avoue Nathalie, mais je m'y étais préparée psychologiquement, car je savais qu'être enceinte à 42 ans pouvait comporter bien des désagréments. Il faut juste se dire que c'est un mauvais moment à passer. Ensuite, si on se rend à terme, on est tellement récompensée qu'on se fout des ampoules sur les mamelons (j'en ai eu en allaitant) ou du mou qui s'accroche au tour de taille. Le seul vrai problème, avec l'âge, c'est la fatigue. On récupère moins vite. Parfois, je m'endors tellement que j'en oublie le prénom de mon fils.»

Malgré ça, je crois qu'il y a quand même plus d'avantages à avoir un enfant sur le tard. Comme on a déjà vécu avant, on ressent moins l'urgence de voyager, de faire la bamboula ou d'aller boire un verre avec des amis. On a fait ce qu'on avait à faire, alors on vit plus sereinement les premières années où on est davantage cloîtrée à la maison. On apporte aussi notre maturité et notre goût de transmettre notre savoir et nos valeurs. Par contre, notre réseau d'entraide fait pitié. Quand on a des bébés longtemps après nos amies, elles se passent volontiers de nous donner un coup de main, et nos mères sont souvent trop âgées pour nous aider...»

À cet égard, Isabelle approuve: «Dès le départ, je savais que je ne pouvais compter sur personne. Rien n'est parfait en ce bas monde. À 20 ans, je me cherchais. À 30 ans, j'étais la première à m'esquiver lorsqu'une copine me demandait de garder son bébé. À 40 ans, même sans soutien, j'étais prête à devenir une maman last call. Car au-delà de la fatigue, il y a le bonheur. Et au-delà des sacrifices, il reste encore le bonheur.» Celui d'être mère et d'entendre son poupon murmurer «t'aime maman»...

*Noms fictifs

Vedettes sur la sellette


Le 7 juillet dernier, à 41 ans, Nicole Kidman a mis au monde Sunday Rose. Madonna a eu sa fille Lourdes à 39 ans et son fils Rocco à 41 ans, tandis que Marcia Cross, la ménagère parfaite de Beautés désespérées, avait déjà 44 ans lorsqu'elle a eu ses jumelles, en février 2007. Quant à la photographe Annie Leibovitz, elle avait 51 ans quand elle a donné naissance à sa fille Sarah, en octobre 2001.

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La version originale de cet article a été publiée dans le numéro de décembre 2008-janvier 2009 du magazine Vita.

Vous voulez en savoir plus sur la maternité?
Ne manquez pas de consulter notre dossier sur le sujet.
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