Le rallye : résultat d'un furieux entêtement
Le rallye : résultat d'un furieux entêtement
Trop «indépendante pour être salariée», Dominique fonde rapidement - avec son mari - Jean-Pierre Berthet une agence de communication, Maïenga. Son idée: créer une opération pour valoriser les femmes, avec l'automobile comme théâtre des opérations, un monde typiquement masculin et des règles du jeu proprement féminines: pas de vitesse mais de l'orientation avec cartes et boussoles et un minimum de kilomètres à parcourir. Le concept est très audacieux. Le monde des courses la boude parce que les participantes sont des femmes, les médias féminins l'ignorent parce que c'est une course motorisée. «J'étais totalement inconsciente», se souvient-elle en riant, avouant qu'à l'époque, sa seule certitude était son furieux entêtement à croire qu'«un jour, cela marcherait». Douze ans après sa création, elle gagne son pari. La formule atypique, l'implication sociale de son organisation et son engagement environnemental séduisent commanditaires et public.
Cette réussite lui confère assurance et confiance et calme ses angoisses. Plus que jamais, elle demeure chef de gang, certainement «râleuse, dure et sans aucun sens du travail en équipe» reconnaît-elle mais aussi imbattable pour «souder une équipe et faire avancer les gens», comme ces «gazelles» qui ont changé de vie après avoir participé à son événement. Elle en est fière, bien sûr, mais pas autant que d'avoir réussi à bâtir une famille. Dominique est aujourd'hui grand-mère, mariée depuis vingt ans au même homme, un élément essentiel à sa vie «pour le plaisir, la joie, la complicité. On fait tout mieux à deux, non?» me dit-elle.
Dominique Serra, féministe convaincue? Oui mais attention! Ce qu'elle aime chez la femme, c'est ce côté battant et assuré que l'on dit si masculin parce qu'il «enlève au féminin ses chichis et minauderies qui l'agacent». Cela ne l'empêche pas d'aimer la mode et la beauté. Elle passe chez le coiffeur chaque semaine, aime les bijoux et craque pour les créations de Jean Paul Gaultier. Le maître mot, me dit-elle pour conclure: le respect envers tous, particulièrement ces «gazelles» qui lui prouvent chaque année que tout est possible.
Choukrane (merci!), mesdames!