Geneviève Brouillette
Mais les années et les rencontres n'ont rien changé: le doute demeure. Il suffit pourtant d'écouter Geneviève pour comprendre que ce métier est bien le sien. «Actuellement, je me sens mûre pour un grand défi: un personnage dense et intense dans une comédie ou un drame, peu importe, où je travaillerais avec des gens qui ont la même vision du cinéma que moi. Un André Forcier (La comtesse de Bâton Rouge) ou un Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y.), par exemple. C'est ce que je demande à la vie tous les soirs en me couchant.»
Tout à coup, balayant l'air de la main, elle lance sans prévenir: «Mais tout ce que je raconte, mes petits tracas, ça n'a aucune importance. Je m'écoute et, tiens, je me trouve niaiseuse. Je travaille, je suis amoureuse et en bonne santé. De quoi je me plains?» Silence. «Ma grande amie Louise vient de mourir d'un cancer. Ça relativise les choses...» Elle poursuit, plantant ses yeux dans les miens. «Apprendre à se dépêtrer de nos peurs, nos désirs, nos angoisses, notre soif de se "connecter" aux autres, c'est apprendre à vivre. Et c'est justement là tout l'intérêt! À 40 ans, comme disait Jean Gabin, c'est tout ce que je sais, mais ça, je le sais...»
* L'équipe de L'Autre midi à la table d'à côté a eu la bonne idée d'inviter Geneviève Brouillette et Philippe Noiret à leur table, à Paris. Vous pouvez écouter cet échange entre la belle et le prince sur le site de l'émission à la première chaîne de Radio-Canada.
Photo:
Radio-Canada/Bons baisers de France
La version originale de ce portrait a été publié dans le numéro de Décembre 2009-janvier 2010 du magazine Vita.
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