Au-delà du handicap
Un entourage présent et non complaisant
Claude. Voilà le mot qui revient le plus souvent au cours de l'entrevue! Claude et Jocelyne sont mariés depuis 35 ans. Et encore amoureux: c'est main dans la main qu'ils franchissent les portes de l'Institut à chaque rendez-vous... «Il est toujours là, prêt à m'aider, à me conduire ici et là. Parfois, je lui dis: "T'es pas tanné, Claude, que je te complique la vie?" Chaque fois, il se fâche net et me remet à ma place!
Mes amis aussi me chicanent quand je leur dis des choses semblables. C'est parfait. Un bon entourage qui vous aime sincèrement, mais sans complaisance, ça aide tellement!» Entre autres choses, elle apprécie énormément tous les services que l'Institut lui fournit pour lui faciliter l'existence: appareil pour amplifier le son de la radio et de la télé, éclairage modulable selon ses besoins, téléphone adapté, organisation sécuritaire des pièces de la maison, loupes perfectionnées... Et particulièrement le précieux système numérique de livres parlés qui trône sur le comptoir. «J'insère le CD du livre de mon choix dans cet appareil et hop! c'est parti. Je profite souvent de ces moments pour cuisiner. Mes amies m'envient de pouvoir lire et faire la popote en même temps», plaisante Jocelyne.
Il faut que ça bouge
S'occuper et se divertir, fort bien. Jocelyne a cependant besoin de plus: il est important pour elle de jouer un rôle actif dans la société. Son attitude positive et son dynamisme ont d'ailleurs attiré l'attention des professionnels qui la côtoient à l'Institut. L'an dernier, Jocelyne a livré un témoignage au 21e congrès mondial de Rehabilitation International, qui a réuni à Québec quelque 800 spécialistes et représentants d'une cinquantaine de pays. «Ça s'est très bien déroulé», résume-t-elle avec une petite flamme dans les yeux qui en dit long...
Le début d'une nouvelle carrière publique? Jocelyne rit. «Qui sait? Je suis sociable et sa recette secrète: rester dans l'action. «Si je m'arrêtais et que je me mettais à m'écouter, je serais perdante. Alors, je me secoue. Et je brasse mon mari aussi! Je rêve d'aller aux Îles-de-la-Madeleine avec lui et aussi de faire la tournée des festivals chaque été. Je veux que ça bouge!» Un sourire espiègle se dessine sur son visage. «À bien y penser, heureusement que mon handicap ralentit un peu mes ardeurs, autrement Claude ne pourrait pas me suivre!»
Photo:
Manon Boyer, photographe
La version longue de cet article a été publiée dans le numéro de mai du magazine Vita.