Témoignages de 3 célibataires: Myriam, Valérie, Marie-Lise
La psychanalyste française Sophie Cadalen, coauteure de l'ouvrage Tout pour plaire... et toujours célibataire, abonde dans ce sens.
Dans une entrevue accordée en avril dernier au magazine Psychologies, elle affirmait que «malheureusement, le couple se conçoit encore sur un modèle unique: un homme et une femme qui partagent un toit et fondent une famille. Le célibat, lui, se pense toujours comme un "défaut de couple", les célibataires étant ceux qui n'ont pas réussi. C'est très culpabilisant».
«La liberté me va bien! » Myriam, 45 ans
De nos jours, quantité de femmes vivent fort bien leur célibat et se moquent de la triste caricature qu'on en fait. Je pense à Myriam, une designer de 45 ans qui, à la suite d'une union tumultueuse, savoure depuis quatre ans déjà sa vie sans attaches. «La liberté me va bien! lance-t-elle en souriant. D'ailleurs, je ne me considère pas comme une célibataire mais comme une femme libre, nuance! Avant d'en arriver là, j'ai toujours eu tendance à me laisser envahir par ma vie amoureuse, surtout quand ça n'allait pas. Aujourd'hui, j'ai l'espace mental et la vitalité nécessaires pour m'intéresser à des choses nouvelles et m'adonner à celles que j'avais délaissées. Je ne me suis jamais sentie aussi bien. Tellement bien, déclare-t-elle avec une pointe de défi , que je ne vois vraiment pas quel homme pourrait me faire changer de vie!»
Valérie, 51 ans, s'est crée une nouvelle vie
Même son de cloche chez Valérie, une réceptionniste de 51 ans devenue, petit à petit, une célibataire épanouie. «Les 18 premiers mois de mon célibat ont été horribles! s'exclame-t-elle. J'avais tout donné à mon mariage. Au moment de la rupture, je me suis donc retrouvée seule, perdue, sans trop savoir qui j'étais ni ce que je voulais... Puis j'ai apprivoisé ma solitude, jour après jour. J'ai renoué avec moi-même. Je me suis fait des amies, je me suis remise en forme. L'an dernier, j'ai repris des cours d'espagnol, j'ai commencé à faire de la peinture... Bref, je me suis créé une vie à moi. Une vie que j'aime.»
«Je suis bien toute seule» Marie-Lise
Sa déclaration d'indépendance trouve un écho chez Marie-Lise, une battante dans la mi-quarantaine. Célibataire depuis bientôt trois ans, elle réclame haut et fort son besoin d'exister pour elle-même, sans avoir à rendre des comptes ou à se sentir coupable. Alors que certaines femmes aspirent ardemment à quitter le célibat, cette spécialiste du droit commercial ne souhaite qu'une chose: y rester! «Je suis bien toute seule, reconnaîtelle. Je n'ai pas besoin d'un homme pour être heureuse, c'est aussi simple que ça!»
Ces propos bien sentis m'incitent à penser qu'au fond le vrai bonheur ne peut se manifester que lorsqu'on cesse de se défi nir par la présence ou l'absence d'une relation amoureuse, lorsqu'on mène une vie qui nous plaît et pas seulement qu'on supporte en attendant de rencontrer le «bon» partenaire. Bref, lorsqu'on est aux commandes de sa propre existence.