Célibat: Les hauts et les bas de la vie en solo
Il faut bien avouer que le célibat comporte d'incontestables avantages. À l'enivrant sentiment de liberté et d'indépendance qu'il procure s'ajoute la possibilité d'aller au bout de son potentiel - personnel, professionnel, créatif ou spirituel -, une perspective encore plus libératrice si elle a déjà été freinée par un conjoint...
Chantal, une pédiatre de 44 ans, peut en témoigner: «L'an dernier, dit-elle, j'ai participé à une mission humanitaire au Mali. Un truc impensable si j'étais restée en couple avec mon ex, bien trop conservateur pour se lancer dans une telle aventure!» Un constat tout à fait normal, estime Jocelyne Bisaillon, «car en couple, on sacrifie toujours un peu de soi au profit du "nous"».
Pour d'autres, le célibat présente des atouts plus pragmatiques, comme celui de pouvoir mieux contrôler son environnement. Fini, les disputes au sujet de la télécommande ou du tube de dentifrice!
Finalement, certaines femmes y trouvent des bénéfices plus intimes mais ô combien vitaux. «Je ne sais pas si c'est une question d'âge, mais moi, c'est la paix du coeur que j'apprécie le plus, avoue Marie-Thérèse, une retraitée de 67 ans. Ne plus rien attendre, ni espérer, ni exiger d'un homme, quelle libération!» Quant à Marie-Lise, cette avocate de 45 ans savoure sa chance «d'avoir la sexualité dont [elle a] besoin sans la routine de la vie conjugale qui vient avec»!
Plusieurs d'entre elles avouent néanmoins rêver souvent d'avoir un homme dans leur lit, d'échanger des gestes tendres ou de pouvoir s'appuyer sur une épaule accueillante. Car qui dit célibat dit aussi solitude. «J'ai beau avoir une vie bien remplie, il y a des moments - particulièrement les dimanches après-midi - où je me sens un peu seule, surtout quand je croise des couples enlacés», confie Marie- Josée, 56 ans, fraîchement célibataire.
La solitude se fait également sentir en voyage, comme l'a constaté Juliette, une prof de littérature dans la jeune soixantaine: «Avant, j'osais partir seule en vacances, mais plus maintenant. Avec l'âge, je suis devenue plus craintive. Hélas, mes copines ne sont pas toujours disponibles au moment où je le voudrais. Et rien qu'à l'idée de manger seule le soir à Berlin ou à La Havane, je me sens déprimée!»
Mais ce coup de blues somme toute légitime n'est rien en comparaison de la crainte ultime des femmes célibataires: tomber malades et vieillir seules. «Ça me terrorise! dit Juliette. J'essaie d'y penser le moins possible.» Or, estime Jocelyne Bisaillon, le meilleur moyen de ne pas vieillir seule, c'est d'échapper à la tentation de se refermer sur soi-même et de s'isoler, pour au contraire aller vers les autres et ouvrir son coeur.