Célibataire... Laisser la porte ouverte
Si elle pense un peu la même chose, Valérie laisse cependant la porte ouverte à une éventuelle liaison... tout en s'interrogeant sur ses propres contradictions: «Je ne dis évidemment pas non à l'amour, ce serait complètement ridicule.
J'aimerais bien, certains soirs, retrouver mon chum en rentrant... Mais bon, j'ai une vie tellement organisée! Comment un homme pourrait-il réussir à s'y insérer? Peut-être qu'au fond je fais tout pour empêcher la rencontre, de peur d'être dérangée.»Sans le savoir, Valérie vient d'exprimer une des profondes hantises des célibataires devant l'amour: celle d'être complètement bouleversées et de voir leur équilibre - souvent chèrement acquis - menacé.
«L'amour dérange, souligne Jocelyne Bisaillon. Aimer exige des compromis, notamment celui d'accepter de laisser l'autre entrer dans son intimité et de devoir parfois le tolérer... parce qu'il peut nous exaspérer même si on en est follement amoureuse! On a tendance à l'oublier. Et puis, plus on est heureuse seule, plus on risque de se sentir envahie par l'autre. Quand, à 50 ans, on voit arriver un pur étranger dans sa vie, on trouve ça difficile. C'est très compréhensible, car avec le temps, on devient plus exigeante et moins ouverte aux compromis.»
Le hic, on s'en doute, c'est que ces exigences souvent irréalistes risquent de nous enfermer dans notre célibat doré. Autant dire nous couper des autres, voire de l'autre. «Cela dit, toute relation amoureuse doit partir d'un élan du coeur, rappelle la psychologue. S'il est absent, mieux vaut rester seule. Mais finalement peu importe qu'on soit célibataire ou non: l'essentiel, c'est de vibrer à l'unisson avec ce qui nous entoure.»
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La version originale de cet article a été publiée dans le numéro d'Octobre de Vita.
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