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7 février 2012

Une chance sur sept milliards

Classé dans : Femmes d'exception, Magazine Vita — Tags :, rimb @ 9:00

Voici l’édito de notre rédactrice en chef adjointe, Louise Richer

Dans les vapeurs de son esprit qui planait cette année-là en spoutnik, Daniel Bélanger trouvait déjà que «six milliards de solitudes, ça fait beaucoup de seuls ensemble…»

Maintenant qu’on a franchi le cap des sept milliards d’humains sur terre, la question se pose avec encore plus d’acuité: comment prendre sa place dans un monde si peuplé? Et, en ce mois de février où Cupidon est censé viser juste le jour de la Saint-Valentin, comment trouver la perle rare qui fera palpiter notre coeur quand on se croit condamnée au célibat à perpétuité?

«Le hasard est justement cette perfection du destin qui nous fait rencontrer une personne parmi sept milliards», affirmait récemment David Foenkinos dans Psychologies magazine*. Comparé à ça, gagner le gros lot à la loto, c’est presque banal! Car «plus nous sommes nombreux, plus ceux que nous rencontrons sont le fruit d’une étrange élection», ajoutait le romancier chroniqueur. Dans ce numéro de Vita, justement, quatre femmes témoignent qu’on peut - en dépit des lois de probabilité - trouver l’âme soeur… bien après 40 ans (voir notre article, p. 47). L’une d’elles, devenue veuve après quatre décennies de félicité conjugale, a renoué avec une ancienne flamme rencontrée il y a belle lurette sur les bancs d’école. Aujourd’hui, à 70 ans et des poussières, elle file le parfait amour avec le roméo de son enfance! Il paraît d’ailleurs que les couples formés à un âge mûr partagent plus souvent les mêmes valeurs que les jeunes tourtereaux, ce qui augmente substantiellement leurs chances de durer. Encore mieux: selon Bénédicte Ann, spécialiste du coaching amoureux et auteure d’un bestseller sur la quête du partenaire idéal (p. 50), tout le monde peut dénicher sa perle rare… à condition de vraiment le vouloir.

Le goût de cuisiner - je parle ici de popote routinière et prosaïquement alimentaire - découlerait-il lui aussi d’une simple question de motivation? J’avoue m’être beaucoup reconnue dans le portrait des copines de la journaliste Karine Vilder, qui traite du sujet («Cuisiner ou pas? On a le choix!», p. 62). Ce sont toutes des femmes qui, pour une foule de raisons aussi valables que variées, ont un jour refusé d’endosser le rôle traditionnel de la responsable des chaudrons à la maison. Certaines, comme moi, ont la chance de vivre avec un partenaire capable de leur mitonner chaque jour de bons petits plats (merci Chéri!). D’autres se rabattent sur les services d’un traiteur ou encore les mets préparés ou surgelés du supermarché pour jouir du temps ainsi gagné de manière plus divertissante.

Enfin, plusieurs avouent leur totale incompétence en la matière, faute d’apprentissage culinaire à l’école ou dans leur propre milieu familial. Résultat: la cuisine a cessé d’être un apanage féminin (tant mieux!), et de plus en plus d’hommes s’activent maintenant aux fourneaux - en privé ou devant leurs milliers de fans au petit écran, comme le démontre le retentissant succès des Stefano Faita, Louis-François Marcotte, Ricardo Larrivée et autres chefs hautement médiatisés. Ce n’est assurément pas moi qui m’en plaindrai! En revanche, ce dont je me plains volontiers et abondamment, c’est du manque de civisme criant dont je suis quotidiennement témoin dans le bus et le métro. Rien ne me fait râler davantage que d’être coincée, comme une sardine dans sa boîte, entre deux passagers complètement absorbés par la musique assourdissante de leur iPod… qu’ils me forcent à écouter, tout à fait contre mon gré. D’où l’idée de cet article sur les bonnes manières (p. 57), qui donnent hélas souvent l’impression d’être en voie de disparition. Au dire d’Hélène Matteau, qui signe ce reportage, la politesse est l’expression de l’altruisme, de la bonté, de la civilisation.

Bref, l’envers de la barbarie. Une valeur encore plus essentielle à une époque où les réseaux sociaux multiplient de façon exponentielle les rapports humains, qu’ils soient réels ou virtuels. Traiter l’autre comme on aimerait soi-même être traité, ça n’a pourtant rien de bien sorcier… Suffit d’y mettre un peu de bonne volonté.

* «Perdu dans l’immensité», Psychologies magazine, nov. 2011, p. 102.

18 octobre 2011

7 FEMMES AU TALENT FOU!

Classé dans : Arts et culture, Femmes d'exception, Non classérimb @ 12:42

On entend souvent dire que les femmes sont moins drôles que les hommes. La preuve par sept que c’est faux. Une démonstration de la journaliste Annick Duchatel.

1 Anne Dorva l | 50 ans Que ce soit dans Le coeur a ses raisons, Les Parent ou lors des cérémonies de remise de prix, l’actrice me fait rire à tout coup. Question présence et pétillement dans le regard, elle est incomparable.

2 Ellen DeGeneres | 53 ans On l’a trouvée irrésistible dans toutes ses émissions éponymes successives: Ellen, The Ellen Show et maintenant The Ellen DeGeneres Show. Diffusée sur les ondes de NBC depuis 2003, la dernière a récolté une impressionnante moisson d’Emmy Awards.

3 Sylvie Moreau | 45 ans On l’a trouvée tordante dans la populaire série télévisée Catherine et dans l’inclassable Dans une galaxie près de chez vous, où la comédienne joue le rôle de la psychologue de bord Valence Leclerc.

4 Julie Caron | 42 ans Originaire de l’Abitibi, la belle a laissé tomber à 30 ans un boulot dans une grande agence de recrutement pour faire carrière dans l’humour. Byebye boss: le neuf à cinq, plus capable! Aujourd’hui, elle persiste, signe et continue de s’éclater sur scène. Ce qui l’inspire? Le quotidien, son propre vécu… Et elle aborde parfois dans ses spectacles solos des sujets plus délicats, comme les phobies.

5 Valérie Lemercier | 47 ans Révélée au public québécois par son rôle de bourgeoise snob dans le film-culte Les visiteurs, l’actrice française est désopilante même quand elle ne parle pas. On se souvient encore de son arrivée dansante et décalée à la cérémonie des César de 2010, qu’elle a animée avec Gad Elmaleh. Vivement qu’elle revienne!

6 Anne Rouma noff | 46 ans Le personnage un peu nunuche que joue la brune humoriste, toujours vêtue de rouge, livre des commentaires vitrioliques. Par analogie avec la gauche caviar, elle a dit que l’ère Sarkozy, c’était «la droite cassoulet: une p’tite saucisse entourée de fayots».

7 Florence Foresti | 37 ans On avait déjà remarqué ses flamboyantes imitations à l’émission On n’est pas couché, diffusée sur TV5. L’humoriste chouchou des Français enflamme aussi Montréal avec ses shows délirants au Festival Juste pour rire, dont elle est une habituée. Pourtant, la drôle de dame est une anxieuse: balancer la blague qui punche l’angoisse au point où elle a dû consulter un psy !

La version originale et intégrale de ce billet a été publiée dans le numéro d’octobre du magazine Vita.

- Rim

19 avril 2011

Petit-déjeuner entre filles

Classé dans : Femmes d'exception — Tags :, julia.haurio @ 10:01

C’est bien connu, le journalisme mène à tout! Même au Parlement, où j’ai été invitée à un petit-déjeuner du Cercle des femmes parlementaires du Québec.

Fondée en mars 2010 à l’initiative de Fatima Houda-Pepin - députée libérale de La Pinière (Rive-Sud de Montréal) et première vice-présidente de l’Assemblée nationale -, cette instance non partisane permet essentiellement aux députées de discuter des enjeux et des conséquences de la politique sur la vie des femmes.

J’y ai présenté mon livre Les femmes en politique changent-elles le monde? (éd. Boréal), puis nous en avons débattu. J’ai été impressionnée par… la vaisselle de l’Assemblée nationale et, plus sérieusement, par la facilité d’approche de ces politiciennes. Aux dires de Mme Houda-Pepin, la plus grande difficulté consiste à trouver une date qui convient à toutes ces dames. Bref, comme nous toutes, elles sont très occupées!

Pascale Navarro

Ce billet a été publié dans le numéro d’avril 2011 du magazine Vita.

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En parlant de femmes inspirantes, ne manquez pas de lire cette entrevue avec Marie Rinfret, la nouvelle présidente de la Commission de l’équité salariale.

8 mars 2011

L’inspiration au féminin

Cette année, la Journée internationale de la femme fête ses 100 ans. Un siècle ce n’est pas rien, et pourtant de nombreuses femmes dans le monde travailleront dur aujourd’hui sans savoir que leur courage et leur force sont soulignées dans de nombreux pays.

Même si le parcours d’une femme exceptionnelle peut être mis de l’avant n’importe quel jour de l’année, le 8 mars, on entend plus d’histoires inspirantes. C’est une occasion particulière de faire connaître une femme que l’on admire.

C’est ce qu’a fait la photojournaliste Léa Clermont-Dion dans ce billet publié sur le site d’Oxfam-Québec. Elle y raconte l’histoire de Laurence Hema qu’elle a côtoyée lors d’un séjour au Burkina Faso. Présidente d’une association de femmes, Laurence qui a eu la chance de pouvoir aller à l’école, est «la preuve vivante que l’éducation fait la différence», dit Léa.

Léa, elle aussi est une (jeune) femme inspirante. De son séjour au Burkina Faso, l’initiatrice de la Charte de l’image corporelle saine et diversifiée a sélectionné une série de portraits qu’elle a réunis sous le projet «Banfora en 30 visages». Une galerie de 30 clichés qui rendent compte avec authenticité des moments partagés avec les membres de cette communauté.

Julia Haurio
édimestre vitamagazine.ca

6 avril 2009

Yoko persiste et signe

Classé dans : Femmes d'exceptionLouise Richer @ 9:09

Est-ce ma cinquantaine toute neuve qui me rend nostalgique au point de me laisser encore séduire par mes idoles de jeunesse? Je me suis posé la question en me rendant cette semaine à l’inauguration de l’exposition Imagine – La ballade pour la paix de John & Yoko, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal*. Soulignant le 40e anniversaire du célèbre bed-in de John Lennon et Yoko Ono à l’hôtel Reine Élizabeth en 1969, l’événement m’a attirée comme un puissant aimant. Impensable pour moi de rater pareille occasion de renouer avec mon glorieux passé de groupie des Beatles…

Je n’ai pas regretté une seconde de m’être déplacée ce matin-là. D’abord pour le plaisir de me replonger dans l’euphorique atmosphère des années 60 et 70, fertile terreau du flower power dont se réclamait toute une génération de barbus aux cheveux longs et de filles en jeans brodés et ponchos en macramé. Sur fond de musique planante, les boomers s’en donnaient à coeur joie – entre deux joints – pour manifester haut et fort leur idéal de paix et de liberté. Leaders du mouvement sur la scène artistique, John et Yoko l’ont incarné à l’échelle planétaire, propageant leur message médiatisé par de multiples coups d’éclat, dont le fameux bed-in montréalais qui a servi de prétexte à l’expo du MBAM.

Les fans du couple mythique seront évidemment ravis de circuler dans ce parcours interactif – autant sonore que visuel – qui retrace la vie et l’œuvre de Lennon/Ono, un tandem devenu l’emblème de l’avant-garde artistique de son époque.

Encore aujourd’hui, les installations de Yoko – qui recevra le 6 juin un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière à la Biennale d’art contemporain de Venise – n’ont rien perdu de leur audace poétique et de leur résonance universelle. D’ailleurs, je l’avoue: ce qui m’a le plus impressionnée à l’ouverture de l’exposition, c’est de voir à quel point Madame Ono, à 76 ans bien sonnés, rayonne de fraîcheur, de simplicité et de vitalité. Candide et naïf, son message de paix? Sans doute. Mais je le trouve inspirant dans cette période où règne le désenchantement… Un fichu de beau pied de nez au cynisme ambiant!

*Imagine – La ballade pour la paix de John & Yoko, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal
À l’affiche jusqu’au 21 juin. Entrée gratuite pour tous. Info: 514 285-1600 ou mbam.qc.ca

Photo : MBMA, Denis Bernier

23 février 2009

Michelle, ma belle

Classé dans : Femmes d'exceptionJulia Haurio @ 14:15

Samedi dernier, alors que j’attendais sagement mon tour à la caisse de l’épicerie, la dame derrière moi m’a gentiment glissé en souriant: «On ne peut pas y résister». Elle faisait allusion à la copie du magazine Vogue, avec Michelle Obama en couverture, que j’avais dans mon panier.

Non, madame. Impossible. Belle, brillante, charmante, Michelle Obama a tout pour nous plaire. En entrevue, son président de mari avouait: Je n’aurais jamais voulu l’affronter en campagne électorale. Si cela c’était produit, j’aurais perdu, c’est sûr! Cher Monsieur B., il affectionne les femmes de caractère, en plus. Décidément, comment ne pas l’aimer aussi celui-là.

Quoi qu’il en soit, au-delà de l’espoir qu’ils ont apporté avec eux dans leurs cartons, je dois avouer que ce que je trouve craquant c’est l’image de ce couple. Cette façon qu’ils ont de se regarder, cette spontanéité qu’ils ont à se toucher. Lui, à l’enlacer quand il en a la chance, elle, à lui mettre la main sur l’épaule avec l’air de dire : tout va bien, j’ai confiance en toi.  Des petits gestes d’affection si naturels et spontanés que l’on ne peut imaginer que ce soit le fruit de savantes tactiques de marketing et de communication. Leur secret: ils s’aiment. Et ça, ça ne s’invente pas.

Ils ne sont sûrement pas parfaits. Ils ont l’humilité de nous le rappeler quand ils en ont l’occasion. Toutefois, à cette époque où les modèles se font rares, le couple Obama apparaît comme un cadeau du ciel. Est-ce possible d’être parents et d’être toujours aussi amoureux? Oui. Est-ce possible de conserver cette étincelle dans les yeux après plus de 15 ans de mariage? Oui. Est-ce possible d’avoir la planète sur les épaules et de continuer à chercher la main de l’autre? Oui.

J’ose croire que tout cela est vrai. Michelle, Barack, s’il vous plaît, ne nous décevez pas. Ça nous ferait trop de peine si les voisins en venaient un jour à se séparer.

2 février 2009

Polytechnique: le film. Y aller ou pas?

Classé dans : Femmes d'exceptionJulia Haurio @ 11:10

Où étiez-vous le 6 décembre 1989 en fin de journée? Vous vous rappelez, j’en suis certaine. Pour ma part, j’assistais à un cours à l’Université Laval. À la pause, les rumeurs couraient dans les couloirs. C’était au temps où il n’y avait pas d’Internet, pas plus que de cellulaires. «Des tueurs fous auraient abattu des étudiants.» Quoi! Pourquoi? Les heures qui suivirent nous en apprirent plus. Un homme, un seul, avait tué 14 étudiants, 14 femmes.

À quelques jours de Noël, c’était tout le Québec qui était en deuil. Il s’est dit et il s’est écrit beaucoup de choses. L’événement devait-il être traité comme un incident isolé ou incarnait-il plutôt un juste retour contre les maudites «féminisses»? Dieu merci, notre gros beau sens a fait son œuvre. Depuis, on a même fait la paix avec madame Lépine, la mère de l’assassin, victime elle aussi, d’une autre manière. À ce jour, on peut affirmer que la tuerie de Polytechnique était un drame. Un drame abject et absurde.

Si le tragique événement est un accident dans notre histoire, cela n’est pas pour autant une raison pour l’occulter. Un bref rappel annuel au téléjournal ne rend pas justice à ces vies gâchées, pas plus qu’à toutes ces victimes collatérales: leurs familles, leur entourage, leurs camarades de classe. La plus âgée de ces femmes aurait 50 ans aujourd’hui, et la plus jeune aurait 40 ans cette année. Ces 14 victimes, ce sont nos amies, nos sœurs, et nous n’avons simplement pas le droit de les oublier.

Ne reste plus qu’à prendre notre courage (et nos mouchoirs) et y aller.

monVita

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