Blogs sur Vita Magazine

18 juin 2010

Deux filles pas comme les autres…

Classé dans : Arts et culture Linda Priestley @ 14:33

Il y a des livres que je refuse de lire parce qu’ils me font trop mal. Ceux qui décrivent la souffrance des enfants «pas comme les autres», par exemple, me chamboulent tout particulièrement. Il y a quelque temps, ma collègue, Joëlle Currat, responsable de la section culturelle de Vita , m’a refilé le roman Les Filles (éditions Alto) de Lori Lansens, qui raconte l’histoire fictive de Rose et Ruby, les plus vieilles jumelles craniopages du monde. Après avoir parcouru quelques pages, je n’avais qu’une idée en tête: déposer le livre sur ma table de chevet pour ne plus jamais le reprendre. Mais dévorée par la curiosité, j’ai persévéré. Aujourd’hui, je m’en félicite. Nul doute que si j’avais mis fin à la lecture de cet émouvant ouvrage, je serais passée à côté de quelque chose de merveilleux. Imaginez deux petites filles, unies par la chair et pour la vie, à la fois proches l’une de l’autre et dissemblables dans leur caractère et leurs goûts. Je les ai aimées et admirées tout au long du récit. Sous mes yeux, elles sont devenues des femmes inspirantes, animées et pleines d’espoir. Je priais pour que Rose et Ruby connaissent les joies d’une existence «normale», qu’elles puissent vivre le grand amour, que la première parvienne à faire publier son livre et que la deuxième soit reconnue pour ses talents de chercheuse d’artefacts amérindiens. Bref, je leur souhaitais tout ce qu’il y a de meilleur, comme je le ferais pour n’importe laquelle de mes amies. Et le meilleur, elles l’ont certes connu! Rose et Ruby ont été véritablement chéries, tant par leur famille, que leurs amis et la communauté. Triste la vie des filles pas comme les autres? À vous d’en juger…

9 septembre 2009

Des trésors dans des petites boîtes jaunes

Classé dans : Arts et culture Elaine Labrecque @ 14:31

À  peine commencé, voilà que l’été va se terminer. On va ranger le matériel de camping, «fermer» la piscine et réserver pour les soirées fraîches le «ménage» de notre caméra numérique et de nos cartes-mémoires. Pas plus grosses qu’un timbre, ces cartes contiennent nos plus beaux souvenirs de la saison. Enfants, nous n’aurions jamais pu imaginer que de telles merveilles existent. Même nos émissions de science-fiction n’osaient rêver aussi grand, non plutôt, aussi petit.

À l’époque, nos souvenirs, du moins ceux de ma famille, logeaient dans des petites boîtes jaunes. Le jaune unique à Kodak. Nous étions parmi les familles privilégiées qui possédions une «ciné». Témoin parfois malhabile, elle nous a vu rire, grandir et surtout célébrer les moments marquants de nos vies. Bien plus que de la pellicule, tous ces petits films constituent une bonne part de notre patrimoine familial. Des biens précieux rangés avec soin dans l’armoire du salon de nombreux foyers québécois.

Une équipe de passionnés nostalgiques a décidé de dépoussiérer ces trésors et de réaliser une série documentaire exceptionnelle : J’ai la mémoire qui tourne . Présentée cet automne à la chaîne Historia, la première série de quatre épisodes a été articulée autour des saisons. Marcel Sabourin y joue les projectionnistes et assure la narration. Pur instant de bonheur! C’était dans le temps où les familles comptaient un papa, une maman et au moins cinq enfants! Tout le monde roulait dans une grosse voiture et mangeait du jambon à l’ananas à Pâques. La belle époque? Je vous laisse juger. Quoi qu’il en soit, je vous défie de regarder ces images sans verser une larme (de joie bien sûr!).

À regarder seule ou en famille le documentaire J’ai la mémoire qui tourne sur la chaîne Historia. Les épisodes sont aussi offerts sur le site Web de la chaîne.

13 avril 2009

Touche pas à ma langue!

Classé dans : Arts et culture Louise Richer @ 8:38

Quand on est fan de littérature, boulimique de lecture et qu’on a toujours travaillé dans le milieu de l’édition au Québec, inutile de vous dire à quel point on est à cheval sur la langue française. Et pointilleuse sur le choix des mots…
C’est donc avec beaucoup de réticence que j’ai accepté, il y a trois ans,  l’invitation d’une collègue qui me proposait d’assister à une conférence de la linguiste Chantal Contant sur les rectifications orthographiques. En entrant dans la salle, j’étais déjà sur la défensive, prête à réfuter toute tentative d’argumentation pour me convaincre d’écrire un «millepatte» sans trait d’union ni «s» final. Non mais, pour qui les bonzes de l’Académie française se prenaient-ils? Et de quel droit allaient-ils nous recommander d’écrire «nénufar» avec un «f» plutôt qu’un «ph»? De là à conclure qu’on allait désormais se mettre à écrire au son, il n’y avait qu’un pas… que, même sous la torture, je ne franchirais pas!
Il a fallu beaucoup de force de persuasion – et de très solides arguments – à la conférencière pour me faire changer d’avis ce jour-là. Car j’ai la tête dure. Et, comme toutes les femmes de ma génération, j’ai dû bûcher si fort pour maîtriser les subtilités du français qu’il n’était pas question pour moi de saboter ces précieux acquis pour endosser une réforme dont je ne saisissais même pas la pertinence. Mais quand on m’a expliqué les multiples transformations qu’avait subies le français depuis le Moyen Âge, un éclair de compréhension a ouvert mon esprit. Et lorsque j’ai constaté que, en plus de l’Office québécois de la langue française, quantité de dictionnaires, d’ouvrages de référence et de logiciels de correction endossaient les fameuses rectifications, j’ai fini par reconnaître la logique et le bienfondé de la nouvelle orthographe. D’abord à mon corps défendant, je l’avoue. Puis avec mon plein consentement. Arraché de haute lutte par Madame Contant et quelques autres éminents spécialistes en la matière.
Dans le premier numéro de Vita, la rédactrice en chef Sylvie Poirier annonçait notre décision d’adopter la plupart des rectifications orthographiques. Vous dire le tollé qui a suivi! Des dizaines de messages de lectrices nous accusaient de «massacrer notre langue en la nivelant vers le bas» ou encore carrément de «l’écrire au son, une vraie insulte à l’intelligence!» Ouille! J’étais drôlement bien placée pour les comprendre, ces lectrices outrées, parce qu’avant de me renseigner je m’indignais moi aussi en débitant les mêmes lieux communs. D’où notre décision de publier, en avril, un reportage bien documenté sur le sujet. Et si la question n’a certes pas fini d’être discutée, on aura au moins l’impression d’avoir concrètement contribué au débat.

Vous voulez en savoir plus sur la nouvelle orthographe, ne manquez pas de lire notre article « Le point sur la nouvelle orthographe ».

9 février 2009

Connaissez-vous votre code?

Classé dans : Arts et culture Joëlle Currat @ 11:36

Savez-vous pourquoi les Américains sont fascinés par la violence? Et les Français enclins à la critique? Parce que c’est dans leur code culturel! J’ai entendu pour la première fois cette expression dans la bouche de Clotaire Rapaille, psychiatre et anthropologue, lors de son passage à Bazzo.tv , l’automne dernier. Et j’ai été fascinée par le contenu de son livre Culture codes (Éd. JC Lattès).

L’auteur explique qu’en plus de notre ADN nous avons une «génétique culturelle». Ces codes, qu’on a intériorisés à un très jeune âge, nous influencent, peu importe notre éducation, nos croyances ou notre milieu social. Rapaille a observé, par exemple, que pour les Américains, l’argent est synonyme d’accomplissement personnel, tandis que les Français considèrent qu’il est vulgaire de parler de ce sujet. Pour un Chinois, la santé est associée à l’harmonie avec la nature alors que pour un Japonais, c’est une obligation, un devoir. Les comportements relatifs à l’argent, à la santé, au sexe, à la nourriture, etc. seront donc différents d’une culture à l’autre, parce qu’ils répondent à des codes spécifiques. Rapaille a d’ailleurs conseillé à des grandes marques, comme L’Oréal ou Nestlé, de bâtir leur campagne publicitaire en fonction des codes culturels.

Après la lecture de ce livre, je me suis amusée à trouver quels étaient mes propres codes culturels. J’ai compris, par exemple, que mon côté perfectionniste est relié à un code de mon pays d’origine. Les Suisses tirent, en effet, leurs revenus de l’exportation de produits et de services de qualité. Leur survie – les codes les plus forts y sont toujours reliés – dépend donc fortement de la perfection.

Connaître les codes culturels et leur explication permet de mieux se comprendre, de mieux comprendre l’autre, et de prendre conscience de l’impact de l’histoire sur les populations. Je me demande maintenant quels sont les codes culturels du Québec. J’ai ma petite idée, et vous?
JOËLLE CURRAT

monVita

Inscrivez-vous pour commenter les articles, publier vos histoires ou encore, participer aux forums.


Bienvenue ! Se connecter , s'inscrire ou voir l'aperçu .

Publicité

Partenaires

Concours

")); "));