Savez-vous pourquoi les Américains sont fascinés par la violence? Et les Français enclins à la critique? Parce que c’est dans leur code culturel! J’ai entendu pour la première fois cette expression dans la bouche de Clotaire Rapaille, psychiatre et anthropologue, lors de son passage à Bazzo.tv, l’automne dernier. Et j’ai été fascinée par le contenu de son livre Culture codes (Éd. JC Lattès).
L’auteur explique qu’en plus de notre ADN nous avons une «génétique culturelle». Ces codes, qu’on a intériorisés à un très jeune âge, nous influencent, peu importe notre éducation, nos croyances ou notre milieu social. Rapaille a observé, par exemple, que pour les Américains, l’argent est synonyme d’accomplissement personnel, tandis que les Français considèrent qu’il est vulgaire de parler de ce sujet. Pour un Chinois, la santé est associée à l’harmonie avec la nature alors que pour un Japonais, c’est une obligation, un devoir. Les comportements relatifs à l’argent, à la santé, au sexe, à la nourriture, etc. seront donc différents d’une culture à l’autre, parce qu’ils répondent à des codes spécifiques. Rapaille a d’ailleurs conseillé à des grandes marques, comme L’Oréal ou Nestlé, de bâtir leur campagne publicitaire en fonction des codes culturels.
Après la lecture de ce livre, je me suis amusée à trouver quels étaient mes propres codes culturels. J’ai compris, par exemple, que mon côté perfectionniste est relié à un code de mon pays d’origine. Les Suisses tirent, en effet, leurs revenus de l’exportation de produits et de services de qualité. Leur survie – les codes les plus forts y sont toujours reliés – dépend donc fortement de la perfection.
Connaître les codes culturels et leur explication permet de mieux se comprendre, de mieux comprendre l’autre, et de prendre conscience de l’impact de l’histoire sur les populations. Je me demande maintenant quels sont les codes culturels du Québec. J’ai ma petite idée, et vous?
JOËLLE CURRAT